The Gate
Gaspard Maîtrepierre
October 5 – November 2, 2019

Chapter I: 5 – 11 October

Chapter II: 12 – 18 October

Chapter III: 19 – 25 October

Chapter IV: 26 October – 2 November

Gaspard Maîtrepierre, Golden Pony Gods, 2018, mixed media on canvas, 80 x 60 cm

L’œuvre est sombre, lumineuse et sourde, à l’image des profondeurs nimbant d’un halo lugubre les mythes et ruines noyés, et d’où semblent tout droit remonter les signes que Gaspard Maîtrepierre distille dans son travail. Ces signes, notre œil tente vainement de les capturer, mais toujours ils se dérobent comme ces savoirs anciens et secrets que l’artiste murmure au creux de notre iris, en toute confidence.

Pour Gaspard Maîtrepierre, l’œuvre est pareille au savoir : le temps à mesure l’effleure pour en révéler peu à peu la matière, le squelette et l’essence, et il résiste à son implacable caresse autant qu’il se révèle à son contact. L’or, la toile ou la bête empaillée sont ainsi autant de supports incarnant la mise à l’épreuve du temps qui, irrémédiablement, met à nu toute chose. Si les spectres hallucinés prisonniers de leurs toiles sans fond et les chevreuils masqués non ramènent à la question — obsédante — du mythe, la feuille d’or plus encore nous parle de sa construction et de ses codes. Fasciné et nourri par ces pans de l’histoire soustraits à notre connaissance-vie extraterrestre, sociétés occultes, civilisations disparues… — Gaspard Maîtrepierre s’attache moins à saisir la réalité qu’à en révéler l’insaisissable multidimensionnalité. À capter l’évanescent, le dissolu.

Comme devant ces corps — où est-ce déjà leur froide incarnation de pierre ? — couverts du manteau du secret que le voile d’or magnifie autant qu’il dissimule dans la pièce Une vision fractale (2016), le doute vient constamment troubler celui qui approche son œuvre.

Sans but ni violence, beauté et sens se cherchent et s’évitent pour n’en révéler que mieux le malaise que l’artiste instille.

Ines Bouaillon